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Burundi: Disparition forcée de l’Adjudant-major Deo NDAGIJIMANA, technicien médical de l’armée

DECLARATION DU FOCODE n° 015/2017  du 28 juin 2017

 

« Les autorités burundaises doivent faire la lumière sur la disparition forcée de l’Adjudant-major Deo  NDAGIJIMANA, un technicien médical de l’Armée burundaise introuvable depuis le 17 février 2016 ».

Paradoxe burundais : quand la disparition des militaires ne préoccupe pas la hiérarchie !

Dans le cadre de sa « Campagne NDONDEZA contre les disparitions forcées au Burundi », le FOCODE a recueilli des informations et des témoignages sur la disparition forcée de l’Adjudant-major Deo  NDAGIJIMANA, un technicien médical de l’Armée burundaise introuvable depuis le mercredi 17 février 2016. La victime était un élément de l’ancienne armée à majorité Tutsi communément appelé « ex-FAB ».

Ce dossier de la Campagne NDONDEZA s’inscrit dans la série d’enquêtes sur plusieurs cas de disparitions forcées dans les corps de défense et de sécurité du Burundi depuis le début de la contestation du troisième mandat de Pierre Nkurunziza. C’est un deuxième dossier sur la disparition d’un membre du personnel des services de santé au sein de la Force de Défense Nationale. Comme dans les autres dossiers de militaires disparus, la haute hiérarchie militaire, n’a rien fait pour retrouver la victime. Deo  NDAGIJIMANA était perçu comme un opposant au troisième mandat de Pierre NKURUNZIZA.

Ce dossier de la campagne NDONDEZA souligne enfin l’implication du chef du renseignement militaire, le Colonel Ignace SIBOMANA, dans de nombreux crimes contre les militaires principalement ex-FAB.

A. Identité de la victime

  1. Fils de Salvator BIRUTEGUSA et de NTIBANYIHA, Deo NDAGIJIMANA est né en 1966 sur la Colline Gikwazo, Commune Rutovu de la Province Bururi, au Sud du Burundi. Marié et père de six enfants, l’Adjudant-major Deo  NDAGIJIMANA alias « Kibamba » résidait au Quartier Carama de la zone urbaine de Kinama en Mairie de Bujumbura, au moment de sa disparition forcée.
  1. Sous-officier de la Force de Défense Nationale (FDN, Armée burundaise), l’Adjudant-major Deo NDAGIJIMANA était affecté au Service Radiographie de l’Hôpital Militaire de Kamenge.
  1. A 50 ans, l’Adjudant-major Deo  NDAGIJIMANA servait l’Armée burundaise depuis 32 ans et il avait atteint le dernier grade de sa catégorie. Il avait fait partie de l’ancienne armée à majorité Tutsi, ex-FAB (Forces Armées Burundaises), avant l’intégration des éléments des anciens mouvements rebelles à majorité Hutu, ex-PMPA (Partis et Mouvements Politiques Armés). Les ex-FAB ont été particulièrement ciblés par la répression qui a suivi la tentative de coup d’Etat du 13 mai 2015. Deo  NDAGIJIMANA était perçu comme un opposant au troisième mandat de Pierre NKURUNZIZA.

B. Contexte de la disparition forcée de l’Adjudant-major Deo NDAGIJIMANA 

  1. Le processus de la disparition forcée de l’Adjudant-major Deo NDAGIJIMANA s’est déroulé en deux phases. Dans un premier temps, l’adjudant-major a été arbitrairement arrêté le 27 septembre 2015, détenu pendant une semaine dans un cachot de la Police Militaire avant d’être libéré sur pression de plusieurs acteurs. Mais à la sortie du cachot, il avait reçu un avertissement du Chef du renseignement militaire : « Ntaho unsigiye… » qui se traduit « tu m’échapperas pas… ». Dans un second temps, l’arrestation s’est faite en catimini le 17 février 2016, soit quatre mois après l’avertissement. L’issue de cette seconde arrestation a été fatale : l’Adjudant-major Deo  NDAGIJIMANA n’a plus été retrouvé.

Ière phase : Arrestation du 27 septembre 2015

  1. Le matin du dimanche 27 septembre 2015, l’Adjudant-major Deo  NDAGIJIMANA avait pris part à la marche hebdomadaire organisée par le Club Sportif « Twinonore » dont il était membre. Les membres du Club empruntèrent la Route Nationale (RN)  numéro 5, celle de Bujumbura-Bubanza. Arrivés aux environs de la localité appelé Kumuzinda, ils furent interceptés par feu Lieutenant-Colonel Darius IKURAKURE[1] et ses hommes. Trois membres du Club, dont l’Adjudant-major Deo  NDAGIJIMANA et deux civils, furent arrêtés.
  1. Juste après leur arrestation, l’Adjudant-major Deo NDAGIJIMANA et les deux civils ont été remis par le Lieutenant-Colonel Darius IKURAKURE au Chef du renseignement militaire (G2), le Colonel Ignace SIBOMANA. Ils ont été  détenus aux cachots de la Police Militaire à Bujumbura, mais les deux civils ont été libérés dès le lendemain, soit le lundi 28 septembre 2015.
  1. La libération de l’Adjudant-major Deo NDAGIJIMANA est intervenue une semaine plus tard, soit le samedi 03 octobre 2015, après une implication active de la Direction de l’Hôpital Militaire de Kamenge et à la suite des contacts menés par sa famille auprès de la haute hiérarchie militaire.
  1. Au moment de cette libération le 03 octobre 2015, le Colonel Ignace SIBOMANA aurait vociféré des propos particulièrement menaçants : « Genda ntaho unsigiye» qu’on peut littéralement traduire : « pars, mais tu ne m’échapperas pas », avait confié l’Adjudant-major NDAGIJIMANA à ses proches.
  1. Selon les sources recueillies par le FOCODE, l’Adjudant-major Deo  NDAGIJIMANA était, à cette époque, accusé de « s’associer aux civils lors de ses activités sportives et d’en profiter pour tenir des réunions subversives ».

IIème phase : l’enlèvement fatal du 17 février 2016.

  1. Le mercredi 17 février 2016, l’Adjudant-major Deo  NDAGIJIMANA s’était réveillé de bonne heure comme à son accoutumée. Ce jour-là, il devait être à son poste d’attache à l’Hôpital Militaire de Kamenge dans l’après-midi.
  1. Dans la matinée, il a déposé ses enfants à l’Ecole Saint Albert sis au Quartier Ngagara de la Commune Ntahangwa au Nord de la Ville de Bujumbura. Il s’est ensuite rendu à l’Hôpital Bumerec avec lequel, selon une source, l’Adjudant-major avait un contrat de prestation de services en rapport avec la radiographie.
  1. Dans l’après-midi de la même journée, Déo NDAGIJIMANA ne s’est pas présenté à son poste d’attache à l’Hôpital Militaire comme le lui imposait son horaire. Ne trouvant pas son époux à son poste, l’épouse de la victime qui preste au même hôpital a tenté de le joindre sur son téléphone portable qui, malheureusement, était injoignable. Dans la soirée, la famille a péniblement attendu le retour du père de famille qui n’était toujours pas rentré à 22 heures. C’est à ce moment que les amis et les voisins de la victime ont été alertés pour initier les recherches qui sont malheureusement restées infructueuses.
  1. Au lendemain de cette disparition, la  famille, les amis et les voisins se sont mobilisés pour tenter de retrouver la victime. Les informations recueillies auprès de l’Hôpital Bumerec indiquaient que la victime avait quitté l’hôpital le mercredi 17 février 2016 aux environs de 10 heures vers une destination qui reste jusqu’ici inconnue.
  1. Selon les informations recueillies par le FOCODE, l’arrestation de l’Adjudant-major Ndagijimana aurait été opérée par un groupe constitué par des jeunes de la milice Imbonerakure et des policiers commandés par le chef du Service du renseignement intérieur au sein du SNR[2], OPC1 Alexis NDAYIKENGURUKIYE connu sous le sobriquet de « Nkoroka » et un autre officier du renseignement Joseph-Mathias NIYONZIMA connu sous le sobriquet de « Kazungu ». Ces derniers l’auraient ensuite remis au Colonel Ignace SIBOMANA, chef du renseignement militaire.
  1. De même que la victime, son véhicule aurait été saisi par les ravisseurs et conservé au bureau du SNR sis au Quartier 10 à Ngagara. Selon des informations reçues, il serait resté là pendant plusieurs semaines, couvert d’une bâche.
  1. Depuis ces événements, l’Adjudant-major Deo NDAGIJIMANA n’a plus été retrouvé.

C. Rançonnage et calvaire de la famille après la disparition forcée de l’Adjudant-major Deo  

  1. Dans le cadre des recherches initiées pour retrouver l’Adjudant-major Deo  NDAGIJIMANA, sa famille été rançonnée par des personnes qui se faisaient passer tantôt pour des employés de la présidence de la république, tantôt pour des agents du SNR. Dans leurs entretiens avec les proches de la victime, ces personnes n’ont cessé d’affirmer qu’ils étaient en mesure de retrouver la victime et de le faire libérer,  moyennant le payement des sommes d’argent. Plus tard, ces personnes se sont révélées être des Imbonerakure et des informateurs du SNR. Selon une source du FOCODE, un Imbonerakure du nom de Jean-Claude NDUWINGABIRE aurait été particulièrement actif dans ces tractations.
  1. Bien avant ces promesses non tenues des Imbonerakure, les proches de l’Adjudant-major Deo NDAGIJIMANA avaient sillonné tous les cachots officiels de Bujumbura à sa recherche, mais en vain. Les démarches menées auprès de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme n’ont abouti à aucun résultat. La CNIDH a reconnu qu’elle avait été mise au courant de la disparition forcée de l’adjudant-major mais qu’elle ne savait rien de sa détention.
  1. Depuis la disparition forcée de l’Adjudant Deo NDAGIJIMANA, sa famille vit dans la peur d’être attaquée à tout moment. Certains proches ont reçu des appels téléphoniques menaçants à cause de leur implication dans la recherche du disparu. L’armée que la victime avait servie pendant trois décennies n’a rien fait pour apaiser sa famille après cette disparition forcée.

D. Les auteurs présumés de la disparition forcée de l’Adjudant Deo NDAGIJIMANA

  1. Selon les informations reçues par le FOCODE, le Colonel Ignace SIBOMANA (Matricule SS 0174) vient au premier rang des auteurs présumés de la disparition forcée de l’Adjudant-major Deo    Le Colonel SIBOMANA avait juré depuis septembre 2015 que l’Adjudant-major NDAGIJIMANA n’allait pas lui échapper « genda ntaho unsigiye », ce qui fut réalisé quatre mois plus tard. Ce Patron du renseignement militaire depuis le 06 mai 2014[3] est par ailleurs cité dans plusieurs autres dossiers d’enlèvements, de torture et d’exécution extra-judiciaire des militaires principalement ex-FAB. Le cas le plus emblématique reste l’exécution extrajudiciaire de l’Adjudant Eddy-Claude NYONGERA[4] le 14 septembre 2016 au siège du SNR à Rohero. Le Colonel Ignace SIBOMANA est également cité dans la torture de beaucoup de militaires ex-FAB à Mukoni en province de Muyinga en janvier 2017.  Plusieurs sources militaires ont confirmé au FOCODE que le bureau du renseignement militaire à l’Etat-Major Général de l’Armée (G2) garde à sa disposition une voiture Toyota Corolla[5] noire aux vitres teintées (communément appelée « Kagongo »)  qui serait spécialement utilisée dans les enlèvements des militaires. Son chauffeur surnommé sous le sobriquet de « Wa Rumonge » a déjà été cité dans un rapport NDONDEZA[6].
  1. En dépit de l’existence de plusieurs rapports citant le Colonel Ignace SIBOMANA dans des violations graves de droits humains, il n’a jamais été traduit en justice pour s’expliquer. Toutefois, le Colonel Ignace SIBOMANA figure sur la liste des officiers militaires burundais sanctionnés par le Département d’Etat américain en février 2016 pour leur forte implication dans des actes de violation des droits humains, particulièrement à l’endroit des opposants au troisième mandat de Pierre Nkurunziza[7].

  1. Outre le Colonel Ignace Sibomana cité comme commanditaire principal de la disparition forcée de l’adjudant Deo NDAGIJIMANA, d’autres personnes sont citées dans ce crime et méritent une enquête quant à leurs rôles éventuels :
  • OPC1 Alexis NDAYIKENGURUKIYE alias « Nkoroka », chef du Service du Renseignement Intérieur au SNR, déjà cité dans de nombreux autres cas de disparitions forcées ;
  • L’Officier du Renseignement Joseph-Mathias NIYONZIMA, cité depuis plusieurs années dans de nombreux crimes odieux, y compris des cas de disparition forcée ;
  • L’Imbonerakure Jean-Claude NDUWINGABIRE qui aurait affirmé à plusieurs reprises qu’il connaissait le lieu de détention de la victime.

E. Des cachots secrets au bureau du SNR à Ngagara

  1. Les enquêtes menées par le FOCODE sur la disparition forcée de l’Adjudant-major Deo NDAGIJIMANA ont révélé l’existence des lieux secrets de détention aux conditions inhumaines au bureau du SNR situé au quartier 10 de la zone Ngagara en commune Ntahangwa où des personnes arrêtées seraient enfermées et détenues dans des containers. Des sources ont indiqué au FOCODE que les personnes détenues dans ces cachots secrets subiraient régulièrement des séances atroces de torture et que certaines auraient eu des parties de leurs corps amputées. Des détenus passeraient plusieurs mois dans ces conditions inhumaines sans que leurs familles en soient informé.
  1. A part l’Adjudant-major Deo NDAGIJIMANA, la Campagne NDONDEZA a déjà traité d’autres cas de disparitions forcées des personnes qui auraient préalablement été détenues dans les cachots secrets du SNR à Ngagara. Il s’agit notamment de Madame Christa-Bénigne IRAKOZE et de Monsieur Eddy NDAYISABA (appelé par erreur Eddy-Claude NDABANEZE) disparus après leur arrestation le 29 décembre 2015 à Rubirizi[8]. Il s’agit également de l’Officier du renseignement Savin NAHINDAVYI[9] disparu sur son lieu de travail au SNR le 1er Mai 2016. Le FOCODE a enfin reçu un témoignage d’un ancien détenu de ces cachots, libéré après le payement d’une importante somme d’argent. Les sources concordantes font savoir que l’Adjudant Deo  NDAGIJIMANA aurait été détenu dans cet endroit avant d’être froidement exécuté par ses ravisseurs.

F. Silence de l’armée et inaction de la justice après la disparition forcée de l’Adjudant-major Deo

  1. Comme dans d’autres cas de disparitions forcées des militaires, les autorités de l’armée burundaise, en l’occurrence le Chef d’Etat-Major Général et le Ministre de la Défense Nationale, ont gardé le silence total sur la disparition forcée de l’Adjudant-major Deo Aucune initiative visant à le retrouver n’a été communiquée ni au public ni à la famille de la victime, encore moins au reste de l’Armée.
  1. De même, aucune enquête sur ce cas n’a été initiée par les organes judiciaires burundais. Aucun des présumés auteurs de la disparition forcée de l’Adjudant-major Deo  NDAGIJIMANA n’a été jusqu’ici interrogé par la justice burundaise.  

G. Prise de position du FOCODE et recommandations.

  1. Le FOCODE condamne la disparition forcée de l’Adjudant-major Deo  NDAGIJIMANA, le silence des autorités militaires sur un crime aussi grave et l’inaction de la justice burundaise dans la quasi-totalité des cas de disparition forcée des militaires perçus comme des opposants au troisième mandat de Pierre NKURUNZIZA ;
  2. Le FOCODE condamne la persistance des cachots secrets, aussi bien dans les infrastructures publiques du SNR que dans différents endroits privés, qui seraient coordonnés et supervisés par l’OPC1 Alexis NDAYIKENGURUKIYE alias « Nkoroka », responsable du Service du Renseignement Intérieur au SNR ; la persistance du phénomène des disparitions forcées en général et spécialement au sein des corps de défense et de sécurité  ainsi que la totale impunité garantie aux éléments des services de sécurité impliqués dans des actes de disparition forcée de leurs collègues;
  3. Le FOCODE condamne la tendance de plus en plus généralisée de rançonnage et d’intimidation des familles des victimes de disparitions forcées jusqu’au point de les empêcher parfois de procéder aux rites culturelles de levées de deuils et autres ;
  4. Le FOCODE rappelle sa demande d’une enquête indépendante sur les crimes de sang commis dans les services de santé de l’armée et des autres corps de défense et de sécurité[10];
  5. Le FOCODE demande la traduction en justice du Colonel Ignace SIBOMANA Chef du renseignement militaire, de l’OPC1 Alexis NDAYIKENGURUKIYE Chef du Service du renseignement intérieur au SNR, de Officier du renseignement Joseph-Mathias NIYONZIMA et de toute autre personne citée dans la disparition forcée de l’Adjudant-major Deo NDAGIJIMANA ;
  6. Le FOCODE salue et soutient le travail de la Commission d’Enquête sur le Burundi mis en place par le Conseil des Droits de l’Homme, et lui demande d’accorder une attention aux crimes contre les militaires perçus comme opposants au troisième mandat de Pierre NKURUNZIZA, dans son rapport final attendu en septembre prochain ;
  7. Le FOCODE réitère sa demande à la Cour Pénale Internationale de procéder sans délais à l’ouverture d’une enquête sur tous les crimes sous sa compétence en cours au Burundi et l’engagement des poursuites contre leurs auteurs présumés.

                                                                                                                                                          Pour le FOCODE

                                                                                                                                                Sé Pacifique NININAHAZWE

                                                                                                                                                                  Président

[1] Lieutenant-Colonel Darius IKURAKURE était alors Commandant du Bataillon du Génie de Combat du camp Muzinda et coordonnait la répression dans les quartiers Nord de la Ville de Bujumbura. Il a été cité dans de nombreux cas de violations graves des droits humains avant son assassinat à l’Etat-Major Général de l’armée le 22 mars 2016.

[2] SNR : Service National de Renseignement (les services secrets du Burundi)

[3] http://www.presidence.bi/spip.php?article4701

[4] Exécution de l’Adjudant Eddy-Claude NYONGERA : Rapport du FOCODE, http://ndondeza.org/eddy-nyongera/

[5] Une voiture Corolla noire a été notamment citée dans l’enlèvement de l’Adjudant Hippolyte NZITONDA le 03 juin 2016,  http://ndondeza.org/hippolyte-nzitonda/

[6] http://ndondeza.org/disparition-forcee-de-mm-alexis-ngabonziza-ferdinand-havyarimana-et-du-caporal-chef-jean-ndayizeye/

[7] Voir le site : https://www.treasury.gov/resource-center/sanctions/OFAC-Enforcement/Pages/20160602.aspx

[8] http://ndondeza.org/la-disparition-et-lexecution-de-madame-christa-benigne-irakoze-et-de-monsieur-eddy-claude-ndabaneze/

[9] Disparition forcée de Savin NAHINDAVYI, Officier du SNR http://ndondeza.org/declaration-du-focode-n0052017-du-16-mars-2017/

[10] Disparition forcée de l’Adjudant Alexis HAKIZUMUKAMA, un sous-officier infirmier du Camp Bururi, http://ndondeza.org/disparition-adjudant-alexis-hakizumukama/